RACINES, UN MOTIF DIFFICILE À IDENTIFIER

Une dernière œuvre énigmatique

L’histoire incroyable de la découverte du lieu de la réalisation de la dernière toile de Van Gogh commence en janvier 2020. Dans le cadre d’une refonte de la présentation audio-visuelle de l’Auberge Ravoux, en parcourant une collection de cartes postales anciennes que lui avait prêté généreusement Mme Jeanine Demuriez, Wouter van der Veen, le directeur scientifique de l’Institut Van Gogh, fut interloqué par une vue atypique de la rue Daubigny.

Une vue datant de
1900-1910

Cette vue singulière montre un jeune cycliste, debout à côté de son vélo, avec un pneu à plat. À sa gauche, la rue Daubigny serpente en descente vers une placette plantée de jeunes arbres. À sa droite, un impressionnant ensemble de racines et de troncs couvre un coteau calcaire d’un type parfaitement commun dans la commune d’Auvers-sur-Oise.

Racines, Auvers-sur-Oise, carte postale 1900-1910

En effet, sur une longueur de près de sept kilomètres, le village s’est construit entre le fleuve dont il porte le nom et le plateau du Vexin français. Et depuis des siècles, ses affleurements calcaires sujets à l’érosion sont plantés de taillis, essentiellement d’ormes et d’acacias, permettant la récolte régulière de bois et assurant la stabilité des terrains.

Racines, détails

Racines, un enchevêtrement typique

Le dernier tableau de Van Gogh, Les Racines, présente un ensemble typique de racines et de troncs d’un taillis sur fond calcaire. Dans la mesure où ce tableau est difficile à expliquer, Wouter van der Veen était heureux d’avoir trouvé sur cette carte postale un exemple illustrant à quoi pouvait ressembler ce que Van Gogh avait peint dans cette œuvre aussi majeure qu’énigmatique. À ce moment-là, il n’avait aucune idée de ce que cette carte révèlerait.
La carte postale de la rue Daubigny et de son cycliste immobilisé fut scannée et mise de côté, réservée pour une éventuelle utilisation future et… oubliée.